365 jours

Aujourd’hui, ça fait 365 jours que tu as migré de mon corps vers le monde extérieur. Ça fait 365 jours que je suis contemplative devant toi,  ce petit être que j’ai fabriqué dans mon ventre. C’est juste complètement irréel! Mais où ils sont passés ces 365 jours là? OÙ?

Pis tsé, même si ça reste du mystère pour moi, je me rappelle de chaque moment depuis le tout début de ton arrivé, mais après mon black out mettons. Ça n’a pas été facile au départ. Tsé la maternité, ça arrive pis tu as bien beau avoir lu le Guide Mieux vivre avec notre enfant de la grossesse à deux ans, guide qui pourrait clairement assommer un cheval, ça ne se passe jamais de même. Il n’y a aucun livre aussi épais qu’il soit qui pourrait décrire tous les sentiments qui t’habitent dès que tout le processus s’enclenche. Je me rappelle encore à l’hôpital combien j’étais démunie de t’entendre pleurer et de ne pas savoir comment m’y prendre (j’ai jamais eu l’instinct maternel, soyons franc). Je me rappelle aussi l’envie que j’avais de gifler l’infirmière qui te piquait régulièrement pour vérifier ton niveau de glycémie. Deux sentiments contradictoires en si peu de temps. Savoir qu’à partir de ce black out là, il y a un être minuscule qui dépend de toi pour TOUTE. C’est fascinant et angoissant à la fois!

Je me rappelle la hâte que j’avais de t’amener à la maison pour que l’on découvre ensemble ta nouvelle vie. C’était comme si j’emménageais dans le condo une 2e fois, mais cette fois-ci avec toi. On était maintenant une famille.

Je me rappelle quand je t’ai déposé dans ta bassinette, tu avais l’air d’un haricot dans une grande assiette vide. Ce petit haricot là, j’ai clairement arrêté de compter le nombre de fois où j’ai déposé ma main sur son ventre ou dans son dos pour vérifier sa respiration. Pis tsé, même encore aujourd’hui, je répète le même geste afin de me rassurer.

Ça fait 365 jours que je ne pensais pas que ça pouvait être possible d’avoir peur comme ça que tout s’arrête. D’aimer au point de vivre avec l’impression d’avoir le cœur qui fend en mille miettes, d’aimer à en avoir mal en dedans, d’aimer de beau et de pur, d’aimer juste de vrai.

Crédit photo: Laurie-Anne Thuot: site Web/ Facebook

Ça fait 365 jours que je te berce à tout moment de la journée. Des fois, c’est juste pour regarder dehors, admirer l’arbre en avant de la maison, regarder les voitures ou pour compter sur le terrain les écureuils passants que tu pointes en faisant de petit sons cutes qui font fondre mon cœur.

Ça fait 365 jours que chaque fois que je vois une vidéo, une nouvelle ou un article qui parle d’enfants disparus, malades, décédés, je pleure parce que je suis empathique, mais maintenant je comprends.

Ça fait 365 jours que je te vois évoluer, sourire, grandir, rire aux éclats, rire vrai, apprendre, dire des syllabes, des mots, découvrir la nourriture (ma partie favorite), tomber et recommencer. Je n’ai jamais été autant fasciné par un mini-humain, mon mini-humain, celui qui me rend fière d’être sa maman. Tes yeux sont vifs et tu as une curiosité immense. C’est magnifique et parfois épuisant!

Ça fait 365 jours que mes nuits ne sont pas complètes et que je ne dors plus d’un sommeil profond. Les coliques du début où l’on te mettait ton petit ourson chaud sur le ventre, les dents et les centaines de biberons (merci Baby Breeza d’avoir existée! 🙌🏼). Puis, il y a les nuits où tu as juste besoin de réconfort et que je te berce longuement dans le noir en te flattant les cheveux et le dos. Si tu savais à quel point mon sommeil devient secondaire. J’essaie de profiter de chacune de ces parcelles et aussi de ton sourire matinal accompagné de ta petite main qui me montre fièrement Gilles, ton koala, car je suis consciente que ces moments vont disparaître avec le temps.

Ça fait 365 jours que je te dis les mots « Je t’aime » au moins 40 fois par jour ( si on calcul 365 X 40, ça fait 14 600!), même si ce n’est pas toujours facile. Soyons honnête, ça m’arrive dans ces petits moments-là de me dire que je te vendrais pour pas cher! Mais ça ne dure que quelques secondes.

Ça fait 365 jours que je te hume et te serre dans mes bras et que je me dis que si je te serrais aussi fort que je t’aime, tes os éclateraient en mille morceaux.

Crédit photo: Laurie-Anne Thuot: site Web/ Facebook

Ça fait 365 jours que je lutte pour ne pas croquer tes joues qui sont si parfaitement rondes. Je les couvre de bisous, car tsé, au final, si je les croque elles ne seront plus là.

Crédit photo: Laurie-Anne Thuot: site Web/ Facebook

Ça fait 365 jours que tu es dans ma vie, dans nos vies et que tu as chamboulé quelques morceaux pour en ajouter de nouveaux. Ces 365 jours n’ont pas toujours été parfaits, mais ils ont tous été inoubliables. Tu es définitivement ma plus belle réussite bébé Alexis.

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4 commentaires

  1. Oh wow!!! Que c’est beau et bien dit! J’ai dû m’arrêter plusieurs fois pour essuyer mes yeux et continuer à lire. Tu es une maman merveilleus. Je t’aime mon amie et bonne fête à toi petit Alexis d’amour

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